Mardi 19 février 2008
Je vous prie de retrouver ci-après l'intervention de Jean Sarkozy qui arrangue une petite foule de sympathisants au futur ex-candidat de l'UMP à l'élection municipale de Neuilly-sur-Seine, pour ne pas le citer Arnaud Teullé, lequel après l'éviction sans façon de David Martinon, sera également écarté par les caciques de l'UMP lesquels préfèrent Fromantin non encarté. Certains y voient le choix de la raison. Pour le fils, Jean, il s'agit à n'en pas douter du premier épisode qui ne pourra que le conduire à la mort symbolique du père. En attendant, le voilà contraint à se résigner devant le choix :

1. de "Nicolas" [le soutien politique de Neuilly et des neuilléens, que serait Neuilly sans Nicolas Sarkozy?],

2. du Président de la République [après avoir annoncé qu'il s'impliquerait dans la campagne des élections municipales, après avoir fait le contraire au grand soulagement des caciques locaux de l'UMP, le Président de la République a finalement convenu de faire lui-même l'élection à Neuilly, ah que c'est beau la démocratie.Mais rassurez-vous ce n'est pas mieux àla campagne! seulement on en parle moins],

3. du père tout puissant qui voit peut-être d'un mauvais oeil ce jeune fils louvoyer dans le traces amères de son père. Rappellons-nous que c'est là que le père a fait ses premières armes à l'encontre d'un certain Charles Pasqua, rien que cela. Et cela on ne peut lui retirer au petit Nicolas, en politique il l'a eu dur comme on dit, et lui aura fallu marcher sur les pieds des anciens pour se faire une place. Voilà pourquoi le père ne cédera pas si facilement aux attentes du fils. car avant tout Nicolas est un monstre politique. Et Jean n'a qu'à apprendre, et attendre ...

A suivre, sans aucun doute, car Jean le fils présente manifestement des prédispositions naturelles.
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Samedi 16 février 2008
En réponse à l'article de Candide "Les Pharisiens", je vous propose une petite lecture sur le mot, le sens et l'histoire du terme "pharisien". N'est pas pharisien qui on croit !

Pharisien, ienne :

 
  1. Antiq. Juifs vivants dans la stricte observance de la Loi écrite (Torah) et de la tradition orale (enseignement des scribes). Les Evangiles accusent les pharisiens (assez injustement, semble-t-il) de formalisme et d’hypocrisie
  2. (1541) Vx Personne qui n’a que l’ostentation de la piété, de la vertu ; faux dévot ( tartuffe)
  3. Mod. Personne qui croit incarner la perfection et la vérité, du moment qu’elle observe strictement un dogme, des rites et qui juge sévèrement autrui
 

« Le pharisien est un homme qui croit en Dieu et qui croit que Dieu est content de lui […][il] fait voir cette union incroyable de la religion ingénue et de l’admiration de soi […] » Alain, Propos, 5 juin 1913

 

Le terme pharisien tire son étymologie du grec pharisaios lui-même provenant du mot araméen persihayyâ, forme emphatique plurielle correspondant à l’hébreu pârush et qu’il semble logique de rattacher à la racine pârashattestée dans nombre de langues sémitiques. Le mot signifie « couper » et la racine a donné naissance aux sens « distinguer », « expliquer » et « séparer ».

 

Calvin dans son commentaire à l’épître aux Philippiens s’interroge : les pharisiens étaient-ils ceux qui expliquent, « les gens qui savaient sur le doigt les interprétations des Anciens » ? Ou étaient-ils les séparés, ceux qui ne se mêler pas aux impies ? Cette seconde hypothèse semble celle des exégètes. Ce qui n’empêcha pas, au contraire, les pharisiens d’être très proches du peuple dont ils se voulaient les animateurs. Leur souci du commun des fidèles devait logiquement conduire les pharisiensà proposer des adaptations qui, regroupées de surcroît dans des compilations non ordonnées par des principes généraux, exposait leur morale à subir les mêmes attaques que la casuistique catholique.

 

Au début de notre ère, les pharisiens étaient le groupe religieux le plus dynamique, celui dont faisait partie le futur saint Paul et on voit dans le Nouveau Testament qu’ils constituaient les interlocuteurs privilégiés du Christ. Il était inévitable que les critiques de Jésus s’adressent en premier lieu à ces concurrents qui avaient une grande influence sur le peuple.

 

L’image négative qui s’est attachée au nom des pharisiens a résulté d’un événement imprévu – que les chrétiens n’en jugeront pas moins annoncé par leur prophète – la destruction du Temple de Jérusalem en 70 de l’ère chrétienne. C’est alors que la secte chrétienne, à cette période il faut bien la considérer comme telle, se transforme en religion rivale du judaïsme, puis dominante et persécutrice. Dans ce contexte la religion judaïque portée par les pharisiens reste celle du « peuple témoin », elle restera néanmoins associée au nom des pharisiens lesquels seront alors méprisés, et le nom revêt alors un sens péjoratif en vertu du constat évangélique que la poutre dans son œil n’empêche pas de voir la paille dans l’œil du voisin.

 

Il était donc facile aux docteurs chrétiens de railler la minutie des pharisiens mais peut-être cette dépréciation n’est-elle, comme pour la réputation ultérieure des jésuites, que la reconnaissance d’une efficacité qui, sans cette mauvaise foi, ne pourrait que forcer l’admiration ?

 

[Source : dictionnaire culturel en langue française – Le Robert]

Ce texte est produit pour alimenter un débat sur ce qui se passe aujourd'hui, n'hésitez donc pas à commenter selon votre humeur

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Samedi 16 février 2008

Le Nouvel Observateur : « Edgar Morin, Nicolas Sarkozy a repris récemment votre concept de ‘politique de civilisation’. L’avez-vous reconnu ? »

 

Edgar Morin : « J’ai reconnu évidemment l’expression, mais guère plus. C’est après que certains journalistes ont accusé Sarkozy de plagiat ou de piratage (de façon abusive) qu’il m’a demandé à me voir. Il m’a dit que cette idée lui était venue à partir de la question des valeurs et de l’identité nationale. Je lui ai répondu que j’y étais parvenu à partir d’un diagnostic sur le cours de notre civilisation occidentale dont les effets négatifs sont de plus en plus importants. »

Source : Le Nouvel Observateur n°2258
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Samedi 16 février 2008
« A la seconde, mon sang s'est glacé »

« C'est inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout, injuste ».

« On ne peut pas infliger çà à des petits de 10 ans, on ne peut pas demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort, cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. »

La suggestion de M. Sarkozy risque d'attiser les antagonismes religieux, dit-elle encore :

« Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à leur fils ou à leur fille d'incarner le souvenir d'un petit juif ? »

Ces citations sont de Madame Simone Veil

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Vendredi 15 février 2008
une-marianne.jpgLe Blog Citoyen a décidé de reproduire ci-après l'appel pour une vigilance républicaine publié dans Marianne. Pourquoi s'autoriser cette reproduction, sans vraiment en avoir les droits ?

Le premier motif teint au fait qu'à titre personnel l'auteur du présent blog partage totalement les craintes exprimées dans cet appel. Je pourrais aussi à ce titre vous adresser vers un autre lien, un autre appel, celui lancé sur le site appel-laïque (on ne peut pas être plus explicite) « Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République. (…) »

Le second motif tient à la réaction de certaines personnes face à cet appel, notamment celle du Premier Ministre, François Fillon qui n'hésite pas à qualifier cet appel d'anti-démocratique :

« Cet acharnement que mettent certains responsables politiques qui n'ont pas été élus par les Français (...) à tenter de déstabiliser le président de la République est de mon point de vue profondément choquant et profondément antidémocratique » et d'insister dans cet argumentaire

« Il faut que tous le monde accepte les règles de la démocratie et les règles de la démocratie, ce sont les élections. Ce sont les Français qui choisissent »



Je ne savais pas que le fait de contester les modalités d'exercice d'un pouvoir même légitime constituait un acte anti-démocratique. Seuls des pays comme la Chine adoptent ce type de logique pour justifier l'emprisonnement de ceux que l'on appelle pudiquement des dissidents.

Le droit à la contestation est le principe même de la démocratie, socle indéboulonnable celui-là contrairement aux statues de tous les dictateurs du monde. Et le fait d'avoir été élu démocratiquement au suffrage majoritaire n'autorise nullement à qualifier d'anti-démocratique l'expression de ceux qui souhaitent se démarquer de la majorité. Vouloir affirmer le contraire, voilà bien une dérive qu'il est hautement nécessaire de dénoncer.

Car à poursuivre la logique du Premier Ministre, on aperçoit quelles seraient les conséquences fâcheuses sur la liberté d'expression. L'excellent dictionnaire culturel en langue française Le Robert sous la direction d'Alain Rey donne notamment de la "démocratie" la définition suivante :

"doctrine politique d'après laquelle la souveraineté doit appartenir à l'ensemble des citoyens, au peuple; organisation politique dans laquelle les citoyens exercent cette souveraineté"

Cette définition, me semble-t-il, pose la cadre de notre discussion d'aujourd'hui.

Est-ce que le fait d'avoir été élu à la majorité des citoyens dans un régime démocratique autorise le représentant des citoyens, du peuple à nier la liberté d'expression de quelque fraction que ce soit de ce peuple et de ces citoyens ? Nullement ! Car la souverainté y appartient à
l'ensemble des citoyens, au peuple dans sa globalité. Et nulle partie, quand bien même elle serait majoritaire, ne peut s'autoriser à dire "je suis majoritaire, j'ai tous les droits". C'est cette logique là qui est anti-démocratique. Et en d'autres temps, l'Histoire - dont se targue tant d'avoir en mémoire - nous a montré que les pires dictateurs étaient susceptibles de parvenir au pouvoir par les voies les plus démocratiques qu'il soit et de capter ce pouvoir en le personnifiant et en détournant les institutions. Nul besoin de citer de nom ici.

Voilà pourquoi le Blog Citoyen estime nécessaire de dire les choses  tel qu'elles sont. Voilà pourquoi le Blog Citoyen s'autorise à reproduire ci-après l'Appel du 14 février, autrement désigné comme l'appel pour une vigilance républicaine. Parce qu'il s'agit juste d'une mise en garde d'une minorité qui appelle seulement à garder les yeux ouverts, les premières réactions notamment du Premier Ministre apparaissent disproportionnées et risquent au contraire de légitimer cet appel a posteriori. On aurait préféré un débat sur le fond.

En effet que dit cet appel ? Le refus de toute "forme de pouvoir purement personnel" ? Le respect d'une "laïcité ferme"? Le respect de la liberté d'expression? Tout cela relève-t-il vraiment d'une démarche anti-démocratique ?

Le fait d'être élu à la majorité autorise-t-il à décider de tout et pour tous ? Voilà un vrai débat démocratique! Le fait d'être élu à la majorité n'autorise certainement pas à édicter des règles morales, voire religieuses au nom du peuple. Je revendique au contraire le droit à mon auto-détermination dans ce domaine là au moins. Puisque nous en sommes à faire des procès pour le respect de la vie privée, il serait souhaitable de rappeler qu'il s'agit là de questions relevant de la sphère purement privée et qu'il est incompréhensible que le plus haut représentant du peuple, donc autorité publique s'il en est, s'autorise à dire "je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime" (voir discours prononcé par Nicolas Sarkozy en sa qualité de Président de la République au Palais du Latran). Ce qui est un crime c'est de laisser croire par ces paroles que le droit au blasphème n'existe plus. Or, Monsieur le Président de la République, au nom de la liberté de pensée je revendique le droit à ignorer ce passé, je revendique le droit pour moi et mes enfants à ne pas devoir suivre d'enseignement religieux, je revendique le droit d'expliquer à mes enfants que le passé colonial de la France n'a pas été aussi positif que certains responsables politiques veulent le laisser croire par la loi (quelle naïveté!).

Et de votre discours au Palais de Latran, je préfère retenir ceci
: "il n’est plus contesté par personne que le régime français de la laïcité est aujourd’hui une liberté : la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de pratiquer une religion et la liberté d’en changer, de religion, la liberté de ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires, la liberté pour les parents de faire donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs convictions, la liberté de ne pas être discriminé par l’administration en fonction de sa croyance."

et je refuse - c'est mon droit de citoyen - votre invitation:  

"Le temps est désormais venu que, dans un même esprit, les religions, en particulier la religion catholique qui est notre religion majoritaire, et toutes les forces vives de la nation regardent ensemble les enjeux de l’avenir et non plus seulement les blessures du passé." Je revendique au contraire que mon esprit reste libre, et je défends que la qualité majoritaire de la religion catholique ne lui confère aucun droit en particulier sur mon esprit. Et je tiens à vous rassurer sur les blessures du passé. Et suis, vous l'aurez compris, profondément athée. Mes parents qui ont pourtant appartenu aux Jeunesses Ouvrières Catholiques, qui sont encore aujourd'hui catholiques pratiquant, n'ont jamais considéré mes convictions comme une blessure. Si blessure il y a, c'est bien vous qui cherchez par votre manichéisme à la raviver pour mieux vous porter au secours des victimes! Voilà ma conviction. Et j'ai le doit de l'exprimer!

Voilà pourquoi entre autres choses, j'estime nécessaire de reporduire ici l'Appel du 14 février dit l'appel pour une vigilance républicaine.



Appel du 14 février dit l'appel pour une vigilance républicaine (source)

« Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.


- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

 

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.


- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.


Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République. 
»

Premiers signataires:

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancienne ministre
Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes



Pour ceux qui souhaiteraient, comme l'auteur du présent blog, signer eux-mêmes l'Appel du 14 février dit appel pour une vigilance républicaine, voici un lien vers le site mesopinions.com

 



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