Vendredi 14 mars 2008

chantale-sebireChantal Sébire sera-t-elle condamnée à vivre ?

Alors qu’aux Pays-bas depuis sept ans (source) des médicaments mortels peuvent être légalement administrés en cas de maladie incurable ou de souffrance intolérable, à des patients l’ayant demandé en toute conscience, la France se trouve confrontée à un débat éthique sur la manière d’aider les personnes souffrant de maladie incurable comme c’est le cas de Chantal Sébire.

 

Tout ce que la ministre du Logement, Christine Boutin, a réussi à dire jeudi sur RMC c’est qu’elle était «scandalisée qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme».

 

De manière plus intelligente, et finalement plus humaine, Jean Leonetti, député UMP et auteur de la loi du 22 avril 2005 portant son nom a clairement posé les enjeux de la situation dramatique de Chantal Sébire : «la requête de Chantal Sébire n’entre pas dans le cadre de la loi. C’est une demande de suicide assistée, pas une demande d’accompagnement de fin de vie (...). La loi autorise l’utilisation de sédatifs, de calmants et d’antalgiques à des doses nécessaires pour supprimer toutes douleurs physiques ou morales, même si l’utilisation de ces médicaments abrègent la vie. Or, Mme Sébire refuse les sédatifs. Elle demande qu’on lui donne la mort».

 

La loi du 22 avrils 2005 dite loi Leonetti « reconnaît le droit aux malades en fin de vie de refuser tout traitement et le droit de soulager leurs souffrances, mais elle ne dit rien lorsque les malades refusent la solution proposée qui est le coma artificiel et la mort au bout de dix à quinze jours. » Voilà le drame de Chantal Sébire, et le dilemme horrible dans lequel la législation française et la position du Gouvernement manifestement unanime sur ce point la maintiennent » : mourir dans des douleurs que l’on ose à peine imaginer ou vivre dans un état léthargique jusqu’au jour où la maladie l’emportera.

 

Chantal Sébire a eu le courage de poser son cas personnel aux médias. Et il ne faut pas croire qu’il s’agit là d’une démarche facile ni pour elle ni pour entourage. Elle a osé demander grâce au Président de la République. Mais cette grâce-là Nicolas Sarkozy lui a manifestement refusé.

 

Voilà l’horrible paradoxe : le soi disant respect de la vie conduit la société à condamner Chantal Sébire à vivre. Nous préférons fermer les yeux sur la misère qui jonche sur les trottoirs de nos villes, nous préférons fermer les yeux sur les mesures de certains qui ne reculent devant rien, même devant les plus odieuses  méthodes pour chasser les miséreux des quartiers de centre ville en utilisant du répulsif anti-SDF équivalent à celui que l’on se sert contre les animaux nuisibles ! Et dire que cette méthode a pu être justifié par Rama Yade la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme ! (Source) Voilà la société que nous sommes en train de construire.

 

Aussi, le Blog Citoyen a choisi de soutenir la démarche courageuse de Chantal Sébire en réclamant le droit de mourir dignement. Faudra-t-il qu’elle se suicide pour nos responsables politiques prennent enfin des décisions courageuses !? Nous sommes là au cœur de la discussion de la part que le fait religieux doit prendre ou non dans l’organisation de notre société. Or on ne peut ignorer que ce refus systématique du droit à mourir même dignement est rattaché à la morale religieuse. « Le suicide est traditionnellement un acte condamné dans le cadre religieux. En effet, si le fait de se suicider est d'abord un acte qui va contre soi-même, l'« appartenance » de la destinée de l'homme à Dieu fait que cet acte devient une rupture de la relation spécifique entre l'homme et Dieu et un acte allant contre la souveraineté de Dieu. » (Source)

Chantal Sébire souffre d'un neuroblastome.

 Chantal_sebire

Lundi 17 mars 2008, Chantal Sébire sera fixée sur son sort. Ainsi soit-il ! 

publié dans : CITOYEN communauté : Le Club des Citoyens
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Commentaires

Il faut une réforme de l'euthanasie pour des cas comme Chantal Sébire qui malheureusement a été contrainte à se suicider elle-même. Les propos de Madame Boutin sont indignes de la part d'un ministre par ailleurs.
commentaire n° : 1 posté par : Aurélien (site web) le: 22/03/2008 22:21:04

Ce qui est triste c'est l'instrumentalisation de cette situation dramatique aussi bien dans un sens (contre toute évolution dans une démarche active vis à vis des situations les plus extrêmes comme
celle de Chantal Sébire) que dans l'autre (pour une évoluotion de la réglementation qui oblige des associations comme ADMD à surmédiatiser ce type de situation)  - Au-delà de cela, la réaction
de Christine Boutin ne s'explique que par des convictions personnelles confirmant un élément que l'on oublie trop facilement à savoir que l'objectivité n'existe pas.


réponse de : Citoyen (site web) le: 23/03/2008 09:25:13
erreur de frappe pour le site, il fallait lire http://parolededemocrate.blogspot.com


Pour chantal Sébire, on vit encore en pleine hypocrisie. J'espère qu'on pourra choisir un jour l'heure de partir, déjà qu'on n'a même pas pu choisir l'heure d'arriver.

Donner à Chantal comme réponse: la loi dit non donc on ne peut pas. J'aurai préféré mille fois la réponse du genre: on va réfléchir et adopter la loi parce qu'il va bien falloir faire des lois au service du peuple et non le contraire.
Tahar, coeur de Lyon
commentaire n° : 2 posté par : houhou (site web) le: 16/03/2008 19:08:39
bonjour, moi aussi j'ai été impressionné par le sujet et je comptais même en faire un article maisd sur un autre angle. En ce qui concerne Chantal Sébire, c'est qu'elle ne supporte pas la morphine qui aurait pu calmer ses douleurs. Pour celui qui ne sait pas ce que c'est qu'une douleur profonde et lancinante ne peut pa comprendre. Mme Boutin, c'est une hypocrite, elle se cache derrière la bible pour tout justifier mais je ne lui souhaite pas d'être confronté aux malheurs des autres.
Chantal Sébire ne veut pas mourir mais elle ne veut plus souffrir. Et pour ne plus souffrir, il n'y a que la mort.
Le vrai problème , ce n'est pas qu'on veut l'empêcher de mourir mais on veut l'empêcher de choisir son 'départ'.
Un comble : on lui dit Ok , tu veux partir , tu en as marre. Hé bien ça sera comme ça et pas autrement et si tu n'es pas contente, hé bien souffre et tas-toi.
Le gros problème et ce n'est toujours pas réglé, c'est la prise en compte de la souffrance. 
Les gens qui veulent mourir, n'en peuvent plus, ils sont en souffrance physique et morale. 
commentaire n° : 3 posté par : houhou (site web) le: 14/03/2008 19:16:42
Merci à toi houhou pour ce commentaire qui manifeste clairement qu'il existe des individus qui partagent la douleur. Ma crainte est que l'on laisse Chantal Sébire finir ses jours dans la douleur. Pour elle et pour ses proches quel échec.

Remarque: l'adresse de ton site web ne semble fonctionner
réponse de : Citoyen (site web) le: 14/03/2008 20:31:55

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