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Le « contrat première embauche » souhaité par le Premier ministre rencontre une très vive opposition des syndicats de salariés et des mouvements étudiants et lycéens. Son but : donner plus de souplesse au marché du travail, dans une économie confrontée aux exigences de la mondialisation.
Le problème de fond se situe en amont. C’est celui de l’inadéquation de la formation et du monde du travail. Notre pays souffre d’un système éducatif archaïque et sclérosé. (…)
L’Université croit avoir pour mission de conduire ceux qui lui sont confiés - c’est-à-dire aujourd’hui quasi tous - aussi loin qu’ils peuvent aller dans la voie que leur ouvrent leurs capacités intellectuelles et leurs penchants personnels, sans se soucier le moins du monde si cette formation débouche sur autre chose qu’un titre universitaire, sur une possibilité d’embauche (…)
Depuis une cinquantaine d’années, l’ensemble de l’Education nationale a conçu le rêve démesuré, l’ambition titanesque, de former l’ensemble de la nation, d’être la formatrice unique de tous les citoyens d’une république elle-même unique, d’avoir le monopole si possible absolu de la préparation de tous à la vie sociale, à la place que chacun aura à tenir dans la République. (…)
On n’a pas voulu voir qu’à côté de ceux qui ont l’intelligence des idées, un plus grand nombre ont d’abord l’intelligence des mains, qu’à côté de ceux dont la démarche naturelle est d’aller de la théorie à la pratique, il y a ceux que la théorie rebute de prime abord et qui n’y parviendront si nécessaire que par la pratique. (…)
Au lieu de vouloir faire entrer tout le monde indistinctement dans l’ascenseur unique, il aurait fallu ménager d’autres voies d’accès, multiplier les escaliers professionnels, presque aussi diversifiés que la vie économique et sociale elle-même comme on a commencé à le faire en réhabilitant timidement l’apprentissage


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