Alors que l’hôpital public, et la santé en général, traverse une période particulièrement agitée de son histoire, la Fédération Hospitalière de France, qui représente les hôpitaux publics et les structures médico-sociales publiques a souhaité refaire le point, deux ans après sa première enquête, sur la perception par les français de leurs hôpitaux publics. La réalisation d’un sondage a été confiée à TNS Sofres. Celui-ci confirme la très bonne image globale de l’hôpital public déjà enregistrée en 2004 par ce même institut puisque 82% des français indiquent avoir une bonne opinion de leur hôpital. Ce sondage est concomitant à la publication du rapport de la Cour des Comptes sur le personnel hospitalier dont la gestion est fustigée.
Pour autant, les français sont relativement partagés sur le devenir de l’hôpital. Si l’hôpital apparaît le plus apprécié des services publics, le sondage montre que l’opinion des français ne tranche pas entre deux exigences contradictoires. D’un côté, 49% des Français souhaitent pour l'avenir de grands hôpitaux équipés de manière optimale quitte à ce qu’ils soient plus éloignés de leur domicile. De l’autre côté, 45% des français préfèrent quant à eux la proximité. L’arbitrage entre ces deux exigences varie selon la catégorie de population concernée.
Ainsi les personnes âgées de moins de 25 ans sont nettement plus sensibles à la question de l’équipement optimal (60%) tandis que 34% seulement privilégient la proximité. Il faut souligner que cette classe d’âge est celle qui a la moins bonne opinion de l’hôpital. Par contre, les personnes âgées et les personnes aux revenus inférieurs à 1 200 € sont beaucoup plus sensibles à la problématique de la proximité de l’hôpital. C’est cette problématique que le rapport du Pr. Guy Vallancien s’est attaché de mettre en lumière en ciblant les petits services de chirurgie lesquels, s’ils ont l’avantage d’être à proximité de la population, sont moins bien équipés que les grandes structures.
Si la qualité des soins recueille 83% de bonne opinion, le service des urgences ne recueille quant à lui seulement 60% de bonne opinion, ce taux tombant à 50% chez les personnes âgées de moins de 25 ans.
Les récentes démarches de transparence et de communication sur la question sensible des infections nosocomiales semble porter ses fruits en tout cas en terme de bonne opinion puisque 44% des français estiment qu’il y a plus de risques liés aux infections nosocomiales qu’il y a quelques années contre 63 en 2004. Ce pourcentage reste néanmoins élevé et justifie le travail de communication en la matière.
En revanche, l’avenir de l’hôpital public, et plus particulièrement la question d’une éventuelle privatisation, génère des opinions beaucoup plus tranchées puisque 77% des français ont ainsi une opinion défavorable à une perspective de privatisation contre 15% d’opinion favorable.
De la même manière, l’opinion publique estime très largement, à 85%, que l’hôpital dispose de ressources insuffisantes en personnel.


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