publié dans : Santé / Sciences
Jeudi 5 octobre 2006

L'Union syndicale de la psychiatrie appelle à manifester le 10 octobre prochain contre le projet de loi de prévention de la délinquance. Depuis 2004, écrit son président Pierre Paresys dans un communiqué, l'union dénonce « l'instrumentalisation de la psychiatrie et de l'ensemble du sanitaire, de ses acteurs et de ses structures ». Dès le début de l'été, l'ensemble des syndicats de psychiatres avait réclamé le retrait des articles concernant la psychiatrie. S'appuyant sur les inquiétudes manifestées par le Conseil de l'ordre des médecins et la Commission nationale consultative des droits de l'homme, l'USP continue donc de dénoncer la confusion entretenue entre délinquance, précarité, santé mentale...

 

L'ensemble des acteurs de la psychiatrie ont donc condamné ce mercredi 04 octobre unanimement les dispositions du projet de loi sur la prévention de la délinquance et ont demandé à rencontrer le président de la République pour obtenir leur annulation.


Les syndicats de psychiatres hospitaliers, la conférence des présidents de commission médicale d'établissement de centre hospitalier spécialisé, l'association des directeurs d'établissement gérant des secteurs de santé mentale, les fédérations hospitalières, la fédération nationale des patients et ex-patients de psychiatrie (Fnap-Psy) et l'association nationale des familles de patients Unafam ont organisé mercredi une conférence de presse pour dénoncer le projet de la loi sur la délinquance.

Ils demandent l'annulation des articles 18 à 24 du projet de loi sur la délinquance et dénoncent « l'amalgame entre troubles psychiques et violence » qui aggrave « la stigmatisation des soins psychiatriques » et « instrumentalise la psychiatrie en lui assignant avant tout un rôle de contrôle des libertés et de régulation ».


Sur la forme, les acteurs ont indiqué qu'ils étaient « très choqués » de voir des dispositions sanitaires inclues dans un texte législatif sur la délinquance.


S’ils demandent le retrait de ces articles, ils souhaitent engager une réforme, dans un cadre sanitaire, notamment de la loi du 27 juin 1990 traitant des hospitalisations sous contrainte.


 « L'amalgame entre la maladie et la délinquance représente une injure faire au patient. En plus de constituer un retour aux heures les plus tristes de notre histoire, cela constituerait une régression au niveau de l'organisation des soins », selon le président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), Dr Pierre Faraggi.



Les associations de patients et de familles craignent aussi que la constitution d'un fichier national des personnes hospitalisées d’office, prévue par le projet de loi, et que cela incite les malades mentaux à ne pas entrer dans le système de soins par crainte de figurer dans ce fichier.


Par ailleurs, les acteurs estiment que les motifs de recours à l'hospitalisation d’office décrits dans le projet de loi sont « suffisamment flous » pour participer à la hausse, non souhaitée par les professionnels, des hospitalisations sous contrainte dont la France affiche déjà un taux record. Triste paradoxe au pays des libertés !



Enfin, les acteurs de la psychiatrie estiment en outre que le projet de loi ne répond en rien aux difficultés actuelles de la psychiatrie et à son fonctionnement. « Un des défis actuels consiste à assurer le suivi en ambulatoire des patients après une hospitalisation d’office, or ce projet de loi ne répond pas aux problèmes de risque de rechutes ou de passages à l'acte posés dans ces circonstances », a estimé le président du Syndicat des psychiatres d'exercice publique (Spep), Dr Eric Malapert.


Pour dénoncer l'ensemble de ces risques, les acteurs de la psychiatrie ont demandé à rencontrer Jacques Chirac et ont édité une affichette destinée aux usagers, aux patients, aux familles et aux professionnels pour les informer de ce projet de loi qui constitue une « violation grave des droits à la vie privée et à l'intimité des patients ».


Dans un communiqué diffusé mercredi, la Confédération des praticiens des hôpitaux et l'Intersyndicat national des praticiens hospitaliers déplorent « l'instrumentalisation de la psychiatrie ».

Ce projet de loi a été adopté en première lecture fin septembre au Sénat. Il doit maintenant être examiné par les députés à une date encore indéterminée.

Il sera intéressant de voir quel comportement adoptera Monsieur Jacques Chirac sur cette question dont il pourrait également se servir dans le déroulement de la campagne présidentielle qui s'annonce.


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Commentaires

Un couple de malades mentaux viens d'être arrêter pour le meurtre de Valentin âgé de 11 ans ! Rachida Dati veux en faire un procès "exemplaire, sans se soucier que ces deux personnes "relèvent bien de soins psys " et ne seraient selon toute logique pas "responsable pénalement mais auraient du "être soignés " en Hôpital Psy mais ou sont passés les milliers de lits supprimés ???? les structures fermées, les psys qui ne sont plus assez nombreux alors que la Santé Publique est "moribonde" la Psy suit le même chemin et on a 'lachés les malades mentaux dans la rue ou  ils se clochardisent et font partie des nombreux SDF !!! Comme aux USA dans les année Régan on a "débarrassé les hôpitaux de malades qui avaient besoin de soins et de rester enfermer pour celà !!! les fonctionnaires de police ne sont pas formés pour faire face a certains qui "délirent " et nos villes ressemblent à la Cour des Miracles depuis cette "direction prise par des élus inconscients, qui ont une calculatrice à la place du cerveau car la Santé Publique coute chère et on jette les malades dehors !!! C'est lamentable comme situation mais en plus on judiciarise la maladie mentale, on traite de la même façon un psychotique qui a tué qu'un délinquant qui sait bien ce qu'il fait d'ou la loi de Mme Dati qui s'inspire des lois américaines !! A quand la mise à mort en chaine comme au TEXAS pour tous !!!
Commentaire n° 1 posté par Marcato Eliane le 06/08/2008 à 08h19

Nombreux sont ceux qui partagent votre pessimisme


Réponse de Citoyen le 12/08/2008 à 09h35

pour ma part j\\\'espère bien qu\\\'il n\\\'y aura pas de mise en application!!


nous sommes tous potentiellement sujet à la décompensation, cela peut nous arriver un jour, sans que pour autant nous soyons dangereux pour la société .  Alors arrêtons les stigmatisations et refusons le fichage!!


à bientôt


estelle


 

Commentaire n° 2 posté par estelle le 12/10/2006 à 11h06

Disons que ces mesures doivent être inspirées par ces meurtres affreux perpétués par des personnes complètements dingues et se trouvant soit dehors car les psy ne les trouvaient pas assez secoués ou alors ils étaient en état de démence......


Il s'agit en réalité d'un argument politique alliant la sécurité (?) à un argument politique: Vous voyez, on travaille pour vous !


Maintenant: est ce la solution ? A voir dans les mois prochains pour vérifier la mise en application si il y a.......

Commentaire n° 3 posté par ryback le 09/10/2006 à 23h34
Merci pour cet article J’ajouterai une chose :

le gouvernement va jusqu’au bout de la logique sécuritaire.Or, quand on pousse une logique à bout, on risque toujours de sombrer dans l’absurde.


Les deux axes traditionnels des logiques sécuritaires sont : surveiller et punir. On dira ici "prévenir" à la place de "surveiller", mais personne n’est dupe. On peut prévenir la délinquance de multiples façons, mais dans la cas qui nous occupe, il s’agit uniquement de surveillance.


A la surveillance des gens de couleur (ce qui est une manière moins euphémique de dire : lutte contre l’immigration clandestine), à celle des pauvres (qui, n’en doutons pas, sont les prochains boucs émissaires sur la liste), on ajoute la surveillance des "malades mentaux".


En tant que "malade mental" moi-même, ou du moins ex-malade mental stabilisé si l’on peut dire, et pour connaître d’assez près donc certains de mes collègues, je doute fort que nous soyons plus disposés que les autres (les non-"malades mentaux" à commettre des actes de délinquance. Il arrive, rarement, que certains déclenchements psychotiques soient effectivement catastrophiques : mais la violence produite dans ces moments relève-t-elle de la délinquance ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que c’est un sujet important, et que l’assimilation que fait le gouvernement au travers de cete loi des malades mentaux aux futurs délinquants est bien trop précipitée. ça mérite pour le moins de réouvrir le débat de la responsabilité pénale des malades mentaux, de l’absence de discernement (puisque manifestement, certains veulent à tout prix le réouvrir).


Mais le vrai danger de cette logique sécuritaire poussée jusqu’à l’absurde, c’est qu’elle s’acharne à rechercher les racines de l’acte délictueux dans les supposées dispositions du sujet.


Or, sur quel savoir peut-on s’appuyer pour discerner à l’avance chez les individus les germes de la délinquance ? De vagues chiffres statistiques, des études délirantes (cf. le rapport de l’inserm sur les troubles des enfants en bas age), et pas grand chose d’autre. Tout cela procède d’une attitude paranoïaque. La logique de notre gouvernement sur ce point est conforme aux stratégies que mettent en oeuvre certains paranoiaques, interprétant le moindre comportement, le moindre signe, comme un danger potentiel.


Peut-être avez-vous vu le film de Spielberg, inspiré d’une nouvelle de P. K. Dick, Minority report, dans lequel la police est en mesure d’évaluer à l’avance les risques potentiels qu’un individu fait courir à la société : punir les crimes avant qu’ils soient commis. Nous n’en sommes certes pas là, mais la logique sécuritaire tend vers une utopie de ce genre.


Quant au fichage.. il suffit de consulter les articles affichés sur cette page : nous avons tus de bonnes raisons d’être fichés. Mais dire cela, ce n’est pas faire preuve de paranoïa, c’est plutôt la logique en place, au nom de laquelle on nous gouverne, qui se révèle paranoaique.


http://www.another-record.com/danahilliot/
Commentaire n° 4 posté par dana le 07/10/2006 à 12h42

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