L’Europe ? Beaucoup la critiquent, surtout pour s’en servir de bouc émissaire, surtout en ces temps de doute, surtout en ces temps de période de campagne électorale. Mais peu finalement tentent d’en débattre avec sérieux. Alors permettez-moi d’attirer votre attention sur l’organisation le 23 mars 2007 d’un colloque sur le thème de l’Europe :
« 50 ans après le Traité de Rome :
à une Union des Européens
Une Europe politique et sociale ? »
Personnellement, j’ai toujours retenu de l’idée européenne qu’elle avait été initiée et portée par des individus remarquables comme Robert Schuman avec pour objectif ambitieux s’il en ait d’apporter « aux femmes et aux hommes de notre continent la paix, la stabilité et la prospérité. » (Source)
Personnellement, j’ai toujours formulée en l’idée européenne l’espoir d’un idéal, bien au-delà de cette Europe des marchands décrite à l’école et tant décriée dans la rue, mais aussi bien au-delà de tout relent nauséabond de nationalisme ou de repli identitaire dont on connaît trop les conséquences désastreuses.
Aujourd’hui, tous ceux qui ont la critique facile oublient cet idéal et tiennent un discours facile consistant à affubler l’Europe de tous les maux me font penser à ces enfants choyés, voire gâtés par des parents ne reculant devant aucun sacrifice pour leur progéniture, ces enfants qui sont ceux là mêmes qui auront une fois grands les mots les plus durs pour leurs parents. Que ces gens là ont la mémoire courte ! Quel manque de reconnaissance !
D’autres prônent, sans vergogne, une politique basée de manière rigide sur la nationalité, sur le retour ou le renfort de l’identité nationale et vont même pour d’aucun à nous jeter en pâture des propositions de constitution d’un ministère dédié à cette politique avec un « ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale ». Leurs arguments ? La peur du communautarisme. A titre d’illustration, on pourra lire les propos tenus par Maxime Tandonnet, conseiller pour l'immigration au cabinet de Nicolas Sarkozy en 2005-2006 dans le journal Le Figaro, édition du 21 mars 2007 (voir article) : « La notion d'identité nationale s'oppose justement au repli identitaire et au communautarisme ». A la question à laquelle ce brave homme nous renvoie « qui sommes-nous ? », je répondrai avec simplicité, avec clarté et avec force :
Il faut préciser ici au lecteur attentif ou curieux que cette question « qui sommes-nous ? » est en fait posée par Samuel Huntington, professeur américain de sciences politiques [que l’on nous présente allégrement comme philosophe – certainement avec l’idée que cela sonne mieux à nos oreilles]. Or, Samuel Huntington n’est autre que l’un des pères de l’idée du choc des civilisations et des cultures (voir un portrait succinct). Voilà donc un ex-conseiller de l’actuel ministre de l’intérieur (jusqu’au 26 mars 2007, nous a dit Chirac), bientôt donc candidat à la présidence de la République à temps plein, qui vient nous justifier la proposition de ce candidat consistant à créer un « ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale » par la thèse d’un des théoriciens les plus conservateurs qui soit aux Etats-Unis. Que ces gens-là ont la mémoire courte !
Faut-il rappeler que Dominique de Villepin – tout critiquable qu’il soit – a en son temps porté haut et fort la voix de la France devant l’ONU au moment où se discutait la légitimité d’aller faire la guerre en Irak ? Et pourquoi cet épisode nous a-t-il tant marqué ? Au-delà d’un orgueil bien franchouillard d’entendre parler un français, l’important à retenir ici est que le fondement du discours de Dominique de Villepin constituait une attaque en règle contre cette fameuse thèse du choc des civilisations et des cultures en défendant l’idée qu’aller en Irak pour y chercher des soi-disant armes de destruction massives ( au fait, où sont-elles ?) ne pouvait que conduire à créer ce que ce Samuel Huntington avait jusqu’alors théorisé.
Aujourd’hui, lorsque nous croisons quelqu’un dans la rue, ne nous arrive-t-il pas de nous demander quelle est la confession de cette personne, si cette personne est catholique, protestante, juive, musulmane, orthodoxe, bouddhiste, etc … ? Si c’est le cas, c’est que nous avons inconsciemment fait notre cette idée de choc des civilisations, et que nous en arrivons à nous méfier de l’autre, à en avoir peur sans même le connaître. Cette situation absurde n'est-elle pas la conséquence de toute cette idéologie que l'on nous déverse par médias interposés ?
Alors même que dans l’esprit des pères fondateurs de l’idée européenne, l’autre est celui qui nous enrichit par sa différence, qui nous écarte de cette tentation si confortable du repli identitaire dont ils craignaient tant les conséquences dévastatrices pour en avoir payer le prix dans leurs chairs. Car souvenons-nous le déclenchement de la seconde guerre mondiale et ses atrocités ont bien pris racine dans une idéologie basée sur l’identité nationale. On comprend mieux pourquoi Simone Veil a si vivement réagi à la proposition du candidat, Nicolas Sarkozy, dont elle venait d’accepter d’être l’oriflamme.
Que ces gens là ont la mémoire courte !
A moins qu’ils n’agissent en pleine conscience … ?
C’est pourquoi personnellement, je garde espoir et affiche ouvertement mon attachement à l’idée européenne par opposition à toutes ces tentations de nationalisme même édulcorées.
Et puis pour ceux qui sont à la recherche de plus d’informations parce que l’ignorance conduit à la haine, voici un lien vers le site du
En 1957, l’idée d’une Europe unie était une utopie. En 2007, c’est une quasi-réalité. Mais qu’est ce qui attend les Européens à l’horizon 2057 ? (Lire la suite …)
J’ai bien trouvé cet article qui y fait référence en renvoyant sur le site de Jussieu et donne une adresse électronique, mais pour l’instant rien de plus précis


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