Samedi 3 mai 2008

A la veille de son premier anniversaire en tant que locataire du palais élyséen, Nicolas Sarkozy se retrouve au plus bas dans les sondages tout comme son Premier Ministre, François Fillon. Ce dernier a d'ailleurs pris les devants en affirmant haut et fort que lorsque l'« on gouverne et qu'on réforme un pays surtout au début on a forcément à affronter une certaine impopularité ». Devant des Français résidant aux États-Unis et conviés vendredi soir 02 mai à l'Ambassade de France, le chef du gouvernement a dressé le bilan de la première année de présidence en précisant que « sans doute les procureurs seront plus nombreux que les avocats. » Et il est vrai que la situation financière, sociale et même politique de la France requiert des réformes d'ampleur, il est vrai que l'on ne peut reprocher à Nicolas Sarkozy d'avoir fait trop peu alors qu'il revendique lui-même d'avoir lancé 55 réformes qu'il entend « conduire toutes en même temps. »


Personnellement je pense qu'il y aura autant d'avocats que de procureurs, seulement ces derniers risquent forts de se faire entendre plus fort au motif qu'ils s'appuieront sur les sondages dont la majeure partie est loin d'être favorable tant au Président de la République qu'au Premier Ministre lui-même. Toute le question est de savoir si ces sondages expriment un fond de vérité. Le Blog Citoyen a ici même exprimé sa réticence face à l'utilisation abusive et dévoyée des sondages. Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter la rumeur sourdre au sein même de la majorité présidentielle, voire au sein même du cercle gouvernemental [dont Nicolas Sarkozy nous avait faussement promis qu'il serait restreint] : « procéder ainsi dans le rush, tous les managers le savent, cela mène à d'énormes bourdes ». [source : Challenges n°122 - 30/04/2008]


Pour se convaincre que les sondages ne sont pas tous à jeter aux orties, en voici un qui a été publié dans « La lettre de l'Expansion », le 07 mai 1979 réalisé par Harris pour le compte d'EDF et par lequel 80% des personnes interrogées à l'époque (la population étudiée étant celle vivant à proximité des centrales françaises) exprimaient leur défiance vis-à-vis des responsables en indiquant qu'en cas d'accident nucléaire, les autorités ne diraient pas la vérité, prédisant de manière très lucide l'attitude honteuse des autorités françaises lors de l'accident de Tchernobyl soutenant que le nuage radioactif n'était pas passé au dessus de la France !


Aujourd'hui, les sondages d'opinion sur la manière dont Nicolas Sarkozy a mené sa politique depuis un an sonnent donc comme un rappel, à tout le moins, et posent la question de savoir si Nicolas Sarkozy est un bon manager pour la France ? En voilà une bonne question !

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Jeudi 27 mars 2008
La question est posée, et manifestement la Chine n'est pas disposée à se laisser impressionner par ce petit poucet :

« Est-ce que la France «laisserait une mission des Nations unies (enquêter) sur ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel ?», s'est interrogé Qu Xing. », numéro deux de l'Ambassade de Chine en France (Source)

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Jeudi 6 mars 2008
Après sa nouvelle polémique en accusant un candidat de la liste modem de raciste, Rachida Dati ne risque-t-elle pas de faire perdre à l'UMP le 7ème arrondissement de paris considéré comme impossible à perdre ? L'absence d'excuse constitue manifestement une erreur stratégique supplémentaire dans une campagne qui se veut de plus en plus polémiste. Mais il faut dire que l'élève est à bonne école!


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Lundi 3 mars 2008
Qu'avons-nous à craindre d'être évalué si ce n'est la transparence qu'elle impose ?


Vblo-citoyen_logo_note2be.pngous connaissez peut-être déjà le site de note2be le site où il est, où il a été possible de noter ses professeurs. Dans son JT de 20heures, la chaîne France 2 s’est même interrogée pour savoir si demain grâce à Internet, ce ne seront pas d’autres professions qui seront ainsi évaluées, et de citer les médecins, voire les journalistes concluait le reportage. En effet, pourquoi pas ! De telles démarches existent déjà à l’étranger et l’on serait surpris [?] de constater qu’il en soit autrement en France. Cependant force est constater que l’évaluation est une démarche taboue en France puisqu’en allant sur le site de note2be on peut lire ceci : « A la suite de la décision du Tribunal de Grande Instance de Paris note2be doit cesser de collecter et de traiter les noms et les notes des enseignants ». Il faut dire que même l’idée de noter les ministres pourtant a priori partie d’un bon sentiment a du faire l’objet de rectifications multiples de la part du Gouvernement. De quoi avons-nous peur en refusant le regard critique de l’autre, de celui qui est a priori en position de « subordination » [J’utilise ce terme sachant qu’il n’est pas le plus approprié, ni adapté à l’ensemble des situations pouvant être ciblées par la démarche d’évaluation] ?  Peut-âtre craignons-nous simplement le regard de l'autre, ce miroir social ?

 

logo_notemaire.pngAussi, dans ce contexte l'idée de noter son maire m’est apparue séduisante mais elle nécessiterait là aussi d'être approfondie. C’est que nous propose le site notemaire.com. Xavier P. responsable du site pose la démarche comme une évidence « voyant quelques élus municipaux, ne s'occupant de leur ville qu'à l'approche des élections municipales, nous avons décidé d'être les premiers à lancer un site de notation des Maires de France », ce faisant il fait écho de manière non moins évidente à l’idée lancée par Ségolène Royal, et fustigée à l’époque, de mettre en place des jurys citoyens. Que n’a-t-on pas dit d’ailleurs à l’époque ! Aussi, nous souhaitons courage à ce site pour qu’il puisse vivre mais à l’aulne des derniers exemples, il est à craindre que l’establishment politique quelque soit la tendance est à cœur de vouloir jeter aux orties cette nouvelle tentative, dans un autre domaine, de donner à la parole à ceux qui sont dans une position passive.

 

L'idée que chaque citoyen puisse ainsi exprimer son opinion, sa voix au delà du bulletin de vote glissé dans l'urne est séduisante car elle donne un sens plus dynamique à la notion même de démocratie participative. Il est vrai que l’on a trop longtemps voulu cantonner les citoyens dans un rôle passif correspondant à cette apostrophe de Jean Sarkozy sillonnant les rues de Neuilly-sur-Seine « faites nous confiance ». Je cite celui-là car il a la [mal]chance d’avoir un patronyme célèbre mais chacun dans sa commune pourra confirmer que la première démarche du candidat à l’élection municipale repose en partie sur ce credo « faites nous confiance ». Et à vrai dire, c’est bien sur cette ambiguïté fondamentale que l’ensemble du système démocratique repose. Par le fondamental posé par le principe de la « représentativité », le citoyen est censé s’exprimer, une fois pour toute [au moins pour la période du mandat], et de manière universelle, sur l’ensemble des sujets sur lesquels le maire ou l’élu aura mandat d’agir. « Faites nous confiance ! »

 

Voilà seulement le quidam qui se promène au salon de l’agriculture s’estime désormais en droit non seulement de refuser de serrer la main au premier élu de France mais aussi de lui envoyer une phrase marquant à l’adresse de l’intéressé à quel point il le méprise « ne me touche pas, tu vas me salir », histoire de lui faire comprendre que si celui-ci s’autorise à être à « tu et à toi » avec les citoyens, ceux-ci ont et gardent leur liberté de penser et peuvent refuser devant témoins de participer à l’opération de communication politique que constitue désormais le passage obligé du Président de la République au salon de l’agriculture. En un sens, ce quidam a démontré aux yeux de tous que le « faites nous confiance » ne tient plus.

 

Les citoyens veulent pouvoir s’exprimer en continu sur leurs autorités, et ce phénomène touchera de manière inéluctable toutes les professions et tous les métiers. Personnellement, en tant que cadre, j’ai toujours essayé de « prendre la température » auprès de mes équipes pour « évaluer » un tant soit peu le ressenti de mon « mangement ». Exercice difficile car culturellement à contre courant. Ainsi l’une des premières règles que l’on vous assomme dans les écoles de management, c’est que le cadre n’est pas là pour faire plaisir ni plaire à ses équipes. Certes ! Etre manager, ce n’est pas une entreprise de séduction [quoique ? on pourrait ici développer toutes les théories liées au management par les émotions, mais ce serait un peu long], mais pour autant être manager, ce n’est plus, non plus, se croire être dans le tout pouvoir au risque de dériver vers des formes de harcèlement professionnel, voire moral.

 

En va-t-il autrement en politique ? Certes non ! Le mandat donné par les électeurs ne doit pas s’entendre comme un blanc seing autorisant à se croire tout permis au prétexte que l’on a été élu à la majorité quand bien même celle-ci serait jugée « confortable ». Voilà tout la difficulté de l’exercice du pouvoir quelqu’il soit. Voilà qui explique pourquoi les élus, représentant le pouvoir politique, les juges représentant le pouvoir judiciaire, les journalistes représentant le pouvoir médiatique, les chefs d’entreprises représentant le pouvoir économique sont si facilement la cible aujourd’hui de critiques. Parce que la forme de l’exercice de leur pouvoir ne peut plus demeurer telle qu’elle a été.

 

Nous sommes face à un véritable défi. Car si l’on veut que les sociétés demeurent « efficaces » et en se transforment pas en système anarchique incapable de prendre des décisions, il faudra bien trouver un biais d’entendre plus grandement que ce qui est fait aujourd’hui cette « France d’en bas » pour reprendre une expression qui semble datée mais qui conserve son sens ici.

 

C’est pourquoi la démarche de Xavier P. avec le site notemaire.com correspond à une logique à laquelle le Blog Citoyen adhère même si elle se révèle imparfaite en l’état. La question étant de savoir si nous avons tous vocation à être évalués, jugés non seulement par nos pairs mais aussi par l'ensemble des citoyens ...

Il ne faut pas conclure en oubliant de mentionner que le principe de notation n'est pas exclusif des individus mais concerne aussi et avant tout les institutions : notation financière, notation sociale des entreprises, ... et il y aurait à dire !

[EDIT du 05 mars] :
blog-citoyen_note2bib.gifUn petit ajout pour vous mentionner l'expérience du site note2bib qui concerne les médecins
voir article sur Agoravox
voir article sur 01net



Lire aussi :
 

« C'est la polémique du moment : sous le slogan « Prends le pouvoir, note tes profs », un site Internet apparu le 2 février permet aux écoliers, lycéens, collégiens et étudiants de noter leurs enseignants anonymement. » [Lire la suite]

 

Note2be.com, site sans noms.



Voir les expériences étrangères :

ratemyprofessors.com
rateMyTeachers.com
RateMDs.com


Autres expériences

Notation des articles sous SPIP
Agences de notation


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Mardi 19 février 2008
Je vous prie de retrouver ci-après l'intervention de Jean Sarkozy qui arrangue une petite foule de sympathisants au futur ex-candidat de l'UMP à l'élection municipale de Neuilly-sur-Seine, pour ne pas le citer Arnaud Teullé, lequel après l'éviction sans façon de David Martinon, sera également écarté par les caciques de l'UMP lesquels préfèrent Fromantin non encarté. Certains y voient le choix de la raison. Pour le fils, Jean, il s'agit à n'en pas douter du premier épisode qui ne pourra que le conduire à la mort symbolique du père. En attendant, le voilà contraint à se résigner devant le choix :

1. de "Nicolas" [le soutien politique de Neuilly et des neuilléens, que serait Neuilly sans Nicolas Sarkozy?],

2. du Président de la République [après avoir annoncé qu'il s'impliquerait dans la campagne des élections municipales, après avoir fait le contraire au grand soulagement des caciques locaux de l'UMP, le Président de la République a finalement convenu de faire lui-même l'élection à Neuilly, ah que c'est beau la démocratie.Mais rassurez-vous ce n'est pas mieux àla campagne! seulement on en parle moins],

3. du père tout puissant qui voit peut-être d'un mauvais oeil ce jeune fils louvoyer dans le traces amères de son père. Rappellons-nous que c'est là que le père a fait ses premières armes à l'encontre d'un certain Charles Pasqua, rien que cela. Et cela on ne peut lui retirer au petit Nicolas, en politique il l'a eu dur comme on dit, et lui aura fallu marcher sur les pieds des anciens pour se faire une place. Voilà pourquoi le père ne cédera pas si facilement aux attentes du fils. car avant tout Nicolas est un monstre politique. Et Jean n'a qu'à apprendre, et attendre ...

A suivre, sans aucun doute, car Jean le fils présente manifestement des prédispositions naturelles.
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