Mercredi 23 avril 2008

Parmi les décisions du Conseil des Ministres de ce 23 avril 2008, il faudra souligner l'adoption d'un décret permettant, non obligeant, l'État à payer ses salariés les plus modestes au niveau du SMIC. On critique souvent les fonctionnaires pour leur statut dont la principale caractéristique est la garantie d'un emploi à vie, on oublie que nombre de métiers sont largement sous payés et que l'État employeur ne respecte pas toujours les règles qu'il édicte pour les autres. En voilà la preuve par un exemple simple. Pour une fois, je ne pourrais que féliciter ce gouvernement de droite pour rectifier un déni du droit qui obligeait jusqu'à présent les responsables de la paie dans la fonction publique à verser une indemnité différentielle afin de respecter l'obligation de verser à un salarié le montant du SMIC pour un travail à temps plein. Or, la Fonction publique est « réglementée » et il existe certains emplois et statuts dont les indices n'étaient pas à hauteur du SMIC ! Dans le silence des journalistes pour motif de grève, cette mesure a été adoptée. Il était temps !


Si cela vous étonne, allez voir vous-même sur le site du Premier Ministre

 

Mais  sachez que ce n'est pas la seule obligation que l'Etat/employeur s'autorise de lui-même à ne pas respecter

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Vendredi 16 novembre 2007

Après un long silence, le Blog Citoyen reprend la parole pour s’interroger sur une information qui est sortie entre le mardi 13 et ce vendredi 16 novembre 2007 dans certains médias du net mais qui a été quasiment occultée par les médias télévisés trop obnubilés par les mouvements de grève qui touche la France depuis mardi soir.

 

De quoi s’agit-il ? Du déferrement devant le parquet de Paris de cinq personnes en vue d’être présentées devant le juge antiterroriste. Le parquet de Paris a en effet ouvert dans l'après-midi une information judiciaire les visant pour "appartenance à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "infraction à la législation sur les armes".

 

Le début de cette affaire remonte au mardi 13 novembre la veille de la grève nationale de la SNCF lorsque sept hommes ont été interpellés à Besançon et dans sa région. Selon les sources d’information, il semble confirmé qu’ils faisaient l'objet d'une surveillance parce qu'ils possédaient des armes de calibre de guerre et s'entraînaient en forêt à intervalles réguliers.

 

Dans la quasi-totalité des médias, ces hommes sont présentés dans le titre de l’article, en général fort bref d’ailleurs, comme des islamistes radicaux certes « présumés », mais au final on ne retient que cette information. Seul TF1 a titré différemment sur son site évoquant plutôt les circonstances dans lesquels ces personnes ont été interpellées « armes de guerre et entraînements secrets à Besançon ».

 

Outre que cette information inquiétante a été occultée de fait par un événement beaucoup plus préoccupant pour la population à savoir les conséquences de la grève dans les transports publics, on se demandera pourquoi les enquêteurs ont décidé de procéder à leur interpellation sous le chef d'"association de malfaiteurs en vue de la préparation d'une entreprise terroriste" justement à cette période-là alors que leur enquête date de deux ans suite à une information donnée aux Renseignements Généraux de Besançon. Existait-il des informations supplémentaires laissant penser qu’ils allaient passer à l’acte ? A priori, rien n’a filtré en ce sens. Et les médias qui font part de l’information ne s’interrogent à aucun moment sur ce point. N’est-ce pas pourtant le rôle des médias et des journalistes de prendre du recul sur l’information brute ?

 

On notera, au contraire, que l’article de TF1 présente ce risque par la négative : « Pendant les premières auditions, certains des individus interpellés auraient reconnu qu'ils tenaient un discours djihadiste mais que jamais ils ne seraient partis faire la guerre en Irak ou en Bosnie, comme cela a été avancé. Ne serait-ce qu'à cause de leurs familles et de leurs emplois. » Au lieu de cela la majorité des autres médias font une présentation alarmiste laissant supposer qu'ils nourrissaient le projet de se rendre en Irak et envisageaient de faire le « djihad ». Cette dernière évocation étant même employée de telle manière que l’on pourrait penser que ce « djihad » était destiné contre la France. Pourquoi les médias français, s’ils ne détiennent aucune information précise à ce sujet, laissent-ils planer un tel doute ? Fallait-il inquiéter la population française ?

 

D’autres éléments au sujet de ce dossier apparaissent comme contradictoires selon les médias. Ainsi, en va-t-il de la nationalité des personnes interpellées. D’un côté, ils sont désignés par TF1 comme « tous de nationalité française », d’un autre côté (France 2), on évoque « plusieurs français d'origine bosniaque » tandis que La Croix parle de « un Algérien et quatre Français dont trois d'origine bosniaque et un d'origine algérienne ». C’est à se demander comment les journalistes font leur boulot notamment sur un point aussi important. Ou bien ce sont leurs sources qui les baladent ?

 

En résumé, la seule chose dont on soit certain c’est que cinq personnes ont été déferrées devant le Parquet de paris en vue de leur présentation devant le juge antiterroriste et que les citoyens français sont plus inquiets des conséquences de la grève que de la menace terroriste …

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Mercredi 3 octobre 2007

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En plein Grenelle de l’environnement, la sphère des activistes anti-OGM se trouve mise à mal en raison des suites du procès de Riom par lequel cinq faucheurs avaient été condamnés à verser une lourde amende de 220 000 euros à Biogemma. La procédure de saisie des biens immobiliers de Gilles Lemaire, ancien secrétaire national des Verts, avait néanmoins pu être empêchée pour vice de forme. Cependant, la société Biogemma a relancé les faucheurs. Elle souhaite récupérer la somme au plus vite, et a prévenu qu’elle relancerait la procédure de saisie des biens de Gilles Lemaire au 1er octobre 2007. L’association Sans Gêne, qui a lancé la souscription de soutien à Gilles Lemaire dans le but d’éviter la saisie de sa maison, dispose déjà de 50 000 €. Le reste de la somme était donc à réunir au plus vite.

Nous sommes le 03 octobre … et le Gouvernement, dont certains membres sont parfois si prompts à commenter les décisions judiciaires, est semble-t-il resté muet à ce sujet !

Dans le cadre de la prévention des cancers (une bonne action en faveur de la réduction du trou de la sécurité sociale), précisons que la composition de nos repas contribuerait pour 40 à 60 % à l'apparition de tumeurs. Ainsi, plus d’un cancer sur trois pourraient être évités chaque année en France grâce à une bonne alimentation. C’est ce que révèle un rapport du Fonds mondial pour la recherche sur le cancer (FMRC). N’est-ce pas d’ailleurs ce que l’on nous explique par la diffusion de slogans vantant « Plus de fruits et légumes », « moins d’alcool », « de sel », « Mangez malin » et tout cela pour tenir ce fléau qu’est le cancer à distance. On responsabilise le consommateur/citoyen/malade. Alors, la question devient, comme dans le champ de la pollution, ne doit-on pas mettre en œuvre la responsabilité de celui qui est la source du problème ?

Alors, OGM, pesticides, etc. … j’en veux ou j’en veux pas ? Donnez les moyens aux citoyens de choisir … !

 
Liens :
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Vendredi 21 septembre 2007

Il est des moments où il faut se souvenir que les mots ont un sens. A défaut, on en oublierait que le sens des mots peuvent présenter des maux à ceux qui les entendent. Comme nombre d’entre vous, j’ai écouté hier soir le discours du président de la République, Nicolas Sarkozy diffusé sur France 2 et TF1. Nombre de choses ont été dites là-dessus. C’est notre rôle à nous citoyens de « commenter » puisque nous ne sommes pas élus. C’est notre seul moyen d’action. Aussi, je voudrai commenter ici devant vous l’usage d’un terme qui a surpris mes oreilles. Le terme de « pécule ». Celui-ci a été employé au sujet de l’objectif fixé par le Chef de l’Etat de favoriser les départs au sein de la fonction publique. En soi, je ne souhaite pas commenter l’objectif lui-même mais uniquement revenir sur le sens du terme « pécule » et comprendre pourquoi ce terme spécifique a été employé par le Chef de l’Etat ou son entourage puis repris par les médias eux-mêmes pour désigner un outil de management dont la finalité n’est autre que pour le plus grand employeur français – je désigne l’Etat français et ses collectivités - d’amorcer un plan social puisqu’il s’agit bien de cela.

 

A la question de Poivre d’Arvor au président de la République sur la crainte de « réactions » de la part des agents publics, Nicolas Sarkozy a eu le mérite du discours de la franchise. Rien ne doit être tabou. Puisque rien n’est tabou, il m’est apparu nécessaire d’approfondir la définition du terme « pécule » dont je redis avoir été surpris de son emploi dans le contexte évoqué.

 

En tant qu’agent hospitalier, et ayant eu à côtoyer le milieu carcéral, le terme de « pécule » évoquait pour moi quelque chose de précis à savoir cette petite somme d’agent qui est octroyée aux personnes qui sont en détention en rétribution de certaines tâches ou travaux, ou bien aux pensionnaires de maisons de retraite voire d’établissements psychiatriques permettant ce faisant de leur compléter un revenu souvent modeste, bien souvent pour leur permettre d’acheter un paquet de gauloises pour ces messieurs ou quelques friandises pour ces dames. Je me suis souvenu que ce terme de « pécule » pouvait également désigné une solde de militaire. Mais je dois reconnaitre que n’étant pas linguiste, je ne savais pas clairement si mes références étaient justes ou renvoyaient à un usage « non admis ».

 

En réalité ce terme de « pécule » renvoyait pour moi à un souvenir attaché à mon premier poste. A l’époque, j’avais découvert qu’un des pensionnaires de la maison de retraite touchait régulièrement ce « pécule » moyennant l’accomplissement de « petits » services dont je finis par comprendre qu’ils étaient en un sens « essentiels » aux bons rouages du fonctionnement de notre institution. Ce monsieur assurait de fait des fonctions de coursier au sein des services, ou entre notre institution et les autres administrations situées en ville. Il n’était donc pas rare de le voir aller et venir avec un gros cartable dont on mesurait certains jours le poids à la courbure de l’échine de ce vieux monsieur. Il faut préciser que cette somme qui lui était versée restait relativement symbolique, là où un agent de l’institution m’aurait « réclamé » salaire et indemnités, et ce à juste titre (dois-je vous préciser que j’étais alors DRH et que j’ai eu souci à appliquer la réglementation et à éviter de crisper inutilement les relations sociales). La situation de ce monsieur, travaillant en réalité pour l’établissement mais dont la compensation financière ne pouvait prétendre à d’autre désignation que celle de « pécule », m’avait interrogé. Mais je finis par comprendre que l’essentiel pour ce monsieur n’était pas tant le montant de la somme qui lui était versé, mais le fait que les fonctions qui lui étaient confiées revêtaient une certaine importance et responsabilité (je ne vous détaille pas le contenu du cartable mais vous aurez compris qu’il ne s’agissait pas de transporter des cacahouètes), situation qui donnait à ce monsieur un statut tout particulier. Et la période la plus probante à cet égard était lorsqu’il partait « en vacances » dans sa famille qu’il voyait peu car éloignée. Dès lors qu’il était absent, chacun s’apercevait que ce petit monsieur « manquait » et qu’il fallait bien pallier à son absence par un agent « dûment » rémunéré. Je pris conscience que l’important pour lui comme pour nous était son rôle social qui créant qui plus est symboliquement du lien entre chacun.

 

C’est au souvenir de ce monsieur que je réalisais que je n’avais qu’une appréhension « pragmatique » du terme « pécule », et à l’entendre et à le lire au sujet de la réforme de la fonction publique, je me devais de combler cette lacune.

 

Aussi, je me permettrai de vous citer intégralement la définition que j’emprunte au portail lexical (cf. lien en fin d’article)

 
 
PÉCULE, subst. masc.


A.ANTIQ. ROMAINE. Économies en argent faites par une personne dépendant du paterfamilias, notamment par un esclave, qui pouvait s'en servir pour le rachat de sa liberté. Le client (...) n'a même pas la propriété des objets mobiliers, de son argent, de son pécule. (...) le patron peut lui reprendre tout cela, pour payer ses propres dettes ou sa rançon (Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p.333).


B.P. anal.


1. Somme d'argent généralement peu importante, et économisée petit à petit. Léger, modeste, modique pécule; se constituer, se faire un petit pécule; toucher à, disposer de son pécule. Elle cousait, brodait et faisait quelques travaux d'écriture (...). Ces travaux étaient mal rémunérés; mais le peu qu'elle en tirait constituait un petit pécule (Arland, Ordre, 1929, p.418). Depuis de nombreuses années (...) des ouvriers agricoles portugais se rendent au Brésil pour y travailler quelques mois et rentrent au pays après avoir amassé un petit pécule (M. Benoist, Pettier, Transp. mar., 1961, p.117):

 

« Puis il partit [Ravaillac] n'ayant pour tout viatique que le pauvre pécule économisé sur l'argent qu'il recevait de ses élèves, et ces misérables vers qu'il emportait avec lui. » Tharaud, Trag. de Ravaillac, 1913, p.46.


P. métaph. Un de nos bons élèves (...) qui pendant vingt années suspendu aux lèvres de ses professeurs a fini par se composer une espèce de petit pécule intellectuel (Claudel, Soulier, 1929, 3e journée, 2, p.781).


2. En partic.


a) Somme d'argent, capital acquis par le travail d'une personne en dépendance d'autrui, mais dont elle ne peut disposer que dans certaines conditions. Pécule d'un aliéné interné; toucher son pécule; pécule de base, complémentaire (Bleand. 1976).


Spécialement


DR. PÉNAL., Partie de la rémunération d'un délinquant détenu qui lui est remise au moment de sa libération`` (Jur. 1981). Pécule de réserve, pécule disponible d'un détenu.Sa mère n'était venue que pour la dépouiller de son misérable petit pécule de prison (E. de Goncourt, Élisa, 1877, p.221).
P. anal. La plupart des captifs auront retrouvé la patrie. Accueillis, le mieux possible, dans des centres hospitaliers, dotés d'un pécule, démobilisés, ils reprennent leur place dans le pays privé de tout (...)

(De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p.244).


DR. CIVIL et ADMIN., Réserve pécuniaire constituée, sur le produit de son travail et ses économies, au profit d'un enfant mineur, plus spécialement d'un pupille, par celui qui est légalement chargé de sa garde et de son éducation`` (Cap. 1936). Les établissements hébergeant des mineurs de plus de quatorze ans, en état de travailler, doivent leur constituer un fonds de pécule au double titre de récompense et d'encouragement pour leur conduite et leur travail (Les Instit. soc. de la France, Paris, t.1, 1955, p.139).


b) ADMIN. MILIT., Somme versée, au moment de leur libération, aux hommes de troupe engagés, rengagés ou commissionnés, qui, quittant l'armée sans avoir droit à une retraite, remplissent certaines conditions fixées par la loi`` (Lar. encyclop.). Tout militaire engagé, rengagé ou commissionné sous le régime de la présente loi, a droit de recevoir, au moment de sa libération, un pécule d'une valeur de 5000 à 12500 Fr, selon la durée de ses services ininterrompus (J.O., Loi rel. recrut. arm., 1928, art. 80, p.3822).


Prononc. et Orth.: [pekyl]. Ac. 1694, 1718: pecule; dep. 1740: pé- Étymol. et Hist. [1273 «bétail» (Abraham Ibn Ezra, Traité d'astrol., 34b, éd. R. Lecy et F. Cantera, p.80)] 1. xiiies. antiq. romaine (Digestes, ms. Montpellier 47, fo 190c ds Gdf. Compl.); 2. 1611 «ce qu'une personne, dans la dépendance d'autrui, acquiert par son économie» (Cotgr.); spéc. 1877 «somme remise à un détenu» (E. de Goncourt, loc. cit.). Empr. au lat. peculium «petit bien amassé par l'esclave» d'où «argent amassé». Fréq. abs. littér.: 34. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p.529. _Hasselrot 20es. 1972, p.85.

 

Étymol. et Hist. [1273 «bétail» (Abraham Ibn Ezra, Traité d'astrol., 34b, éd. R. Lecy et F. Cantera, p.80)] 1. xiiies. antiq. romaine (Digestes, ms. Montpellier 47, fo 190c ds Gdf. Compl.); 2. 1611 «ce qu'une personne, dans la dépendance d'autrui, acquiert par son économie» (Cotgr.); spéc. 1877 «somme remise à un détenu» (E. de Goncourt, loc. cit.). Empr. au lat. peculium «petit bien amassé par l'esclave» d'où «argent amassé».

 
 
 
 

Enfin, le terme « pécule »renvoie à certains autres dont on peut dire qu’ils en sont à un titre ou à un autre synonymes tout en marquant par un effet miroir la spécificité du mot « pécule » : épargne, magot, bas de laine, indemnité, économie, argent

 
 

Je ne voudrai tirer aucune conclusion hâtive de ces définitions du terme « pécule » quant à la considération du président de la République vis-à-vis des fonctionnaires, mais il apparaît clairement qu’en usant sciemment et consciemment du mot « pécule » a bien voulu signifier aux fonctionnaires quel était le montant du prix de leur liberté : 18 mois de salaire.

 

D’aucuns me diront – à juste titre – que cette somme est déjà conséquente et qu’ils s’en satisferaient bien facilement sans rechigner. Et ils auraient raison. Mais à ceux-là je ne leur jette pas la pierre. Car très certainement ils font parti de ces personnes qui ont eu la désagréable surprise courant du mois d’août ou du mois de septembre d’être appelées au téléphone par leur « correspondant » de l’ANPE qui venaient vers eux pour leur signifier que le contrat CAE [ndlr, contrat d’accompagnement à l’emploi] dont ils avaient « bénéficié » depuis le mois de mars 2007 [la date a son importance] ne serait pas renouvelé à son échéance du mois d’octobre au bout des 6 mois. En résumé, ils ont appris par téléphone leur licenciement pur et simple, et ce dans le plus grand silence de chacun : responsables politiques, syndicats, salariés en poste sans parler des employeurs eux-mêmes dont on peut seulement dire qu’ils partagent avec les personnes concernées l’effet de surprise puisque l’ANPE n’a pris la précaution de prévenir personne. Motif de cette rupture unilatérale de contrat ? Restrictions budgétaires … ! En tant que chef de service de service, j’en ai déjà reçu plusieurs qui sont venus vers moi pour savoir quoi faire. Je dois reconnaître qu’il m’a été difficile de les regarder dans les yeux quand face à leurs questions, ils comprenaient que les recrutements de CAE qui ont eu lieu en masse avant les élections dans les différentes administrations n’avaient qu’un objectif « masquer » les chiffres du chômage dans une période opportune. Aujourd’hui, les priorités sont ailleurs, le train de vie de l’Etat doit être réduit rapidement sous peine de représailles de nos partenaires européens. En avez-vous entendu parler par les médias, par les responsables politiques de gauche, par les syndicats ? Aucunement ! Alors, oui … ceux-là qui aujourd’hui vont se retrouver sans le sou, ils auraient bien droit de réclamer leur « pécule ».

 

Mais au final, ce qui me rassure c’est que le mot « pécule » s’oppose à d’autres termes : consommation, dilapidation, débours, dépense, dissipation, frais gaspillage, prodigalité. Autant de références qui me font comprendre que Nicolas Sarkozy veut bien rendre la liberté aux fonctionnaires mais sans en avoir payer le prix. Une amie me disait ce matin qu’une entreprise privée du secteur attribuait 30 mois de salaire pour obtenir le départ volontaire de ses salariés. Alors, monsieur le président de la République puisque vous tant de bonnes relations parmi d’imminents chefs d’entreprises, demandez-leur de vous le petit manuel du plan social réussi la prochaine fois que vous serez sur un de leur bateau ou dans un de leur appartement [çà doit bien traîner quelque part dans les placards ou même dans les toilettes – il n’y pas d’heures pour travailler dans le privé, pas vrai ?]. Croyez-moi çà marche, mais il faut savoir y mettre le prix. Pas sûr que votre « pécule » motive beaucoup de monde !

 
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Mercredi 19 septembre 2007

Connaissez-vous le réseau ESTHER ? Non ? Eh bien, il est temps de combler cette petite lacune … car il est à craindre que ce réseau de solidarité internationale destiné à soutenir les pays du sud dans la lute contre le VIH ne soit victime d’un coup de bistouri budgétaire. En effet, le Ministère de la Santé français semble décidé à diminuer de moitié le montant des subventions du réseau ESTHER. Dans le même temps, Anne Petitgirard, la directrice du réseau ESTHER, est, semble-t-il, « invitée » à quitter son poste d’ici octobre sans que le motif soit clairement exprimé sauf peut-être pour répondre à un « besoin de changement » selon le principe managérial « nouveau président, nouveau gouvernement,  et donc nouvelle équipe ». Tout cela pour au final « économiser » 3,5 millions d’euros ! Pas sûr que cette somme contribue substantiellement au comblement du déficit de l’Assurance Maladie ni à la réduction des dépenses du Ministère de la Santé et des sports. Dans ce contexte, il est important de se souvenir que cet organisme est toujours actuellement présidé par Monsieur Bernard Kouchner.

 
 
 
 
 
Monsieur le Ministre,
 

Je vous écris en votre qualité de Ministre mais aussi, et surtout, en votre qualité de président du Conseil d’administration du programme ESTHER, et ce afin de connaître votre position sur les informations qui circulent actuellement au sujet de l’avenir budgétaire de ce programme.

 

S’agissant d’une interpellation publique et citoyenne, vous me permettrez d’introduire ma question par une présentation synthétique du programme ESTHER afin que les lecteurs de cette lettre ouverte comprennent les enjeux de mon interpellation.

 

ESTHER, ce n’est pas seulement le prénom du livre de la Bible Hébraïque lu chaque année lors la fête du Pourim ni une tragédie de Jean Racine, c’est aussi un Groupement d’Intérêt Public créé à l’initiative de l’Etat français suite à la conférence d'Abidjan (CISMA) de 1997 et ceci fort des recommandations de l'Assemblée Générale Extraordinaire des Nations Unies sur le VIH/SIDA des 25-27 juin 2001. Ce projet avait pour objectif de favoriser l'accès aux soins des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays en développement et la défense volontaire du principe de l'égalité de l'accès aux soins en ce domaine.

 

C’est de cette volonté d’affirmer la place de la France dans le monde qu’ « Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique Hospitalière En Réseau » a été créé en 2002 à l’initiative à votre initiative.

Quatre axes de travail principaux guident l’action d’ESTHER :

·         Améliorer les conditions de prise en charge en assurant le renforcement des plateaux techniques et la fourniture d'équipements hospitaliers.

·         Appuyer les stratégies nationales de prise en charge des personnes vivant avec le VIH en encourageant les mécanismes nationaux de solidarité.

·         Promouvoir et appuyer la mise en œuvre d'une stratégie de continuité des soins.

·         Participer au développement d'actions conjointes avec des organismes internationaux et européens

En affichant aujourd’hui sa volonté de diminuer de moitié le budget de ce réseau de solidarité basé sur l’entre aide internationale et les relations entre professionnels, le Gouvernement français, dont vous faites parti – vous me direz à juste titre que vous n’êtes pas en charge des décisions budgétaires de cet organisme dépendant du Ministère de la santé et des sports – semble déterminé à modifier sa stratégie et son positionnement dans la nécessaire solidarité des pays riches à l’égard des pays en voie de développement. Nicolas Sarkozy l’avait affirmé dès la période électorale et l’a réaffirmé à l’envi depuis – avec moult démonstrations – il veut une France forte et respectée au plan international.

L’épisode de la libération des otages bulgares, et la très médiatique intervention de Cécilia Sarkozy auprès du Chef de l’Etat libyen – dont on nous a expliqué qu’il était redevenu fréquentable [je veux bien le croire parce que pour l’épouse du Chef de l’Etat français accepte d’aller faire des « yeux doux » au guide spirituel, il a bien fallu donner quelques gages, peut-être quelques promesses d’acquisition d’équipements industriels français ?] – ou la très récente polémique vous faites l’objet au sujet d’un mot « sorti de son contexte » dites-vous [« le pire, c’est la guerre »] marquent cette volonté de l’Etat français de tenir un discours ferme relevant d’une diplomatie de la vérité. D’ailleurs, sur ce point votre intervention a été dès le lendemain confirmée par le Premier Ministre lui-même, François Fillon.

Aussi, dans cette perspective, comment expliquez-vous l’éventualité de cette diminution du budget de cet organisme ?

Deux hypothèses sont en effet à poser.

Soit il est à considérer que les objectifs sanitaires de départ du projet ESTHER ont été atteints et permettent effectivement de « féliciter » et de « remercier » Madame Anne Petitgirard.

Soit la décision de couper dans ce budget est doublement incohérente. D’une part, au regard de la situation du VIH dans les pays concernés. D’autre part, en regard de la volonté du chef de l’Etat français d’affirmer une position forte de la France dans les relations internationales.

La première hypothèse impose de rappeler ici la situation épidémiologique de cette maladie. Oserais-je vous rappeler que « loin d'être sous contrôle, la pandémie de sida progresse et continue de faire des ravages, particulièrement dans les pays d'Afrique subsaharienne qui concentrent 72% des décès et 65% des nouvelles infections », qu’il existe aujourd’hui « près de 40 millions de malades du sida dans le monde » (source : Médecin sans frontière), et que près de 3 millions de personnes sont décédées de cette maladie en 2006.

Vous me répondrez, là aussi à juste titre, que la solidarité internationale – dont je ne doute pas que vous en demeurez un farouche partisan – peut et doit être aussi l’expression d’initiatives privées et pas seulement publiques ou parapubliques comme c’est le cas en l’occurrence avec le projet ESTHER. Nul ici ne contestera cette analyse tant il y a faire. Mais comme vous le savez, l’objectif 3x5 de l’OMS (3 millions de patients sous traitement en 2005) n'a pas été atteint. Loin s’en faut. C’est donc bien dans ce contexte que je pose ma question.

Que comptez vous entreprendre en votre qualité de président du réseau ESTHER pour en défendre le budget somme toute modeste ?

 

Personnellement, c’est donc bien dans ce contexte que j’aurai tendance à privilégier la seconde hypothèse. A savoir que l’éventualité de cette décision est incohérente tant au regard de la situation épidémiologique de cette maladie que de la volonté tant affichée d’affirmer la place de la France dans les relations internationales.

La France se doit d’avoir une place forte dans ce domaine d’action. C’est votre credo et celui du Chef de l’Etat. Faut-il rappeler ici que « le ministère de la santé, qui doit verser 7 millions d’euros de subvention à Esther pour le budget 2007, ne l’a toujours pas fait » ? Accepterez-vous une telle situation qui relève à ce niveau de la mesquinerie.

Vous remerciant par avance de l’attention toute particulière que vous porterez à l’interpellation d’un citoyen ordinaire, et dans l’attente que vos actes rejoignent vos intentions puisqu’il se dit que vous allez vous battre pour le maintien de cette subvention,

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en ma considération distinguée.

PS : à défaut d’obtenir satisfaction – ce qui est à craindre – pourriez-vous indiquer si vous serez encore solidaire de ce Gouvernement dont la conception de la solidarité interroge ?

 
* Sources :

Esther, menacée – Eric Favereau

 

* Actualités sur Esther :

Burkina Faso: Fespaco - l'ambassade de France remet du matériel

Lutte contre le VIH/Sida : Le Maroc dispose d'une stratégie nationale consensuelle 

 
* D’autres infos sur ESTHER :

La solidarité internationale en matière de santé passe des initiatives locales

Stop le sida : zoom sur l’initiative ESTHER

 

* Extraits de l’entretien entre Bernard Kouchner avec le Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI en date du 16/09/07 (source)

 

B.K. : « … nous devons nous préparer de la meilleure façon pour montrer que nous sommes sérieux … »

Question : Que veut dire exactement se préparer ?

B.K. : - Cela veut dire qu'il faut se préparer au pire.

Question : Et que faut-il montrer ?

B.K. : Le pire, c'est la guerre.

 
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